Noël en Roumanie

L’étoile des mages montre le chemin de la foi

 

Dimitrie Cadere

 

L’approche des Fêtes, ayant comme point culminant la naissance de notre Seigneur Jésus Christ, nous remplit de joie et nous fait penser aux coutumes roumaines de Noël, source inépuisable d’enchantement pour ceux qui les connaissent. Le pays natal de beaucoup d’entre nous est une terre de haute tradition où le renouveau annuel est marqué depuis les temps les plus anciens par des cérémonies bien particulières. Par la grâce du Ciel elles nous sont parvenues sans altérations majeures. Ceci montre bien la force de la foi qui habite non pas la zone géographique mais surtout les âmes, la richesse et la profondeur de la spiritualité chrétienne des Roumains. Ceci montre aussi que les cycles sacrés s’inscrivent selon des lois divines dans la continuité éternelle qui lie la Genèse à la Parousie.

 

L’aspect  eglse ortodoxe guadeloupe qui nous touche le plus, car le plus lié à la vie de l’Eglise est celui des chants de Noël, axés sur la naissance de l’enfant Jésus – signifiée par l’Etoile qui apparaît dans le ciel pour guider les Rois Mages. Le signe distinctif des groupes de chanteurs est justement une étoile, confectionnée par eux-mêmes, qui est richement décorée et qui porte au centre l’image de la Vierge à l’Enfant ou d’une crèche éclairée par derrière avec un cierge. Tous ceux qui ont confectionné – ne serait-ce qu’une fois – une telle étoile pour aller ensuite chanter devant ou dans les maisons du village ou du quartier, ne l’oublieront jamais. Le miracle commençait déjà lorsqu’on assemblait le tas de petites bricoles ramassées à droite et à gauche, un peu partout dans la maison et dans les vieilles boîtes du grenier – les fines lattes de bois sorties de vieilles planches, coupées soigneusement à la bonne épaisseur et à la bonne taille, le manche du vieux balai, le précieux papier coloré presque introuvable il y a une cinquantaine d’années et que les ciseaux attaquaient avec émotion, les bouts de fil et de laine et la boîte de conserve vide qui formait le centre de la construction, supportant les rayons et recevant le cierge – consolidé par des bouts de fil de fer et par la colle fabrication maison, mélange de farine de blé et d’eau du robinet. Le grain qui avait donné ce blé était surement béni car le tout tenait bon, même si certains rafistolages se faisaient nécessaires après quelques heures de voyage et de “ service ”. Le moment le plus important était la confection de la petite icône, soit découpée dans un vieux livre de prières, soit construite comme un puzzle à partir d’éléments hétéroclites et collée sur du papier translucide à la fin des travaux. Certains la dessinaient eux-mêmes.

 

Pour la naissance de Jésus, l’Evangile de Matthieu annonce l’apparition de l’Etoile des Mages qui, sur le plan astronomique, était placée dans la constellation de Cassiopée, nommée aussi La Vierge à l’Enfant ; selon la tradition des anciens, cette étoile était visible seulement une fois tous les trois cents ans et son apparition signifiait que la Reine de Palestine avait donné un hériter au Trône. Jésus est le nouvel Adam et le terme de Messie vient probablement du verbe hébraïque masha – onction d’huile sacrée – c’est à dire Christos – l’oint de Dieu en grec; cette consécration était conférée par les anciens juifs seulement aux rois, aux prêtres et aux prophètes.

Source: Notre Dame Joie des Affligés et Sainte Geneviève